BONS MOTS, VACHERIES ET GRANDES TIRADES (625 CITATIONS), SA VIE, SES PIÈCES, SES FILMS, 551 AFFICHES ET DESSINS...
Michel Simon chez Sacha Guitry en 1951.
Cliquez sur la photo pour l'agrandir. 
En ville il arborait cape, chapeau et lavallière noire, en bref une silhouette reconnaissable entre toutes. Chez lui, parmi les trésors de son musée particulier situé à vue de la tour Eiffel, au 18 de lavenue Élisée-Reclus, dans une somptueuse robe de chambre en soie il pouvait recevoir lun des puissants de ce monde. Mais avec sa voix inimitable, tant nasale que profonde, et avec sa superbe, il faisait trembler plus d’un. En effet ce géant de la scène, ce monstre sacré, ce monument de la Ville lumière – dont il incarnait l’esprit même – était un homme libre. Affectant la misogynie, malgré son amour du vaudeville et moult liaisons tumultueuses ponctuées de mariages aussi retentissants que les divorces qui les concluaient, il savait mieux que quiconque placer la femme sur un piédestal. Également réputé misanthrope, et narcissique, lui qu’on surnomma Moâ était grand prince, secourant les victimes d’injustice comme s’il s’agissait de laver un affront personnel. Enfin, bien que fils du plus célèbre comédien d’un temps révolu – Lucien Guitry –, sans obtenir le certificat d’études il s’était fait un prénom, puis il a construit une œuvre et conquis une gloire qui doivent tout à son propre panache, à son génie, que lui contestèrent avec acharnement les pisse-froid et la critique, voués par lui aux gémonies. Jusqu’aux Amériques il triompha à l’envi. Refusa-t-il l’Académie française, ou d’être joué en Allemagne (hors Stalags) de son vivant ? Certes oui, pourtant les mauvais procès s’ensuivirent. Ils n’eurent pas raison de son appétit de plaire et surtout de briller, jusqu’à l’excès, ni de sa prodigieuse force de travail ou de sa verve magnifique. Seule la maladie réussit à l’abattre, il y a des lustres qui semblent déjà des siècles tant il demeure irremplacé, voire irremplaçable, en ce millénaire sans âme ni joie de vivre. 

En 1950, dans le salon-bureau du 18 de l'avenue Élisée-Reclus.
De gauche à droite : René Gérin, Jeanne Fusier-Gir, Fernandel, Sacha, Lana Marconi et Pauline Carton.

4 commentaires:

  1. bonjour Monsieur

    merci pour votre site

    je fais des recherches sur Louis Charles Royer. Vous présentez une caricature de cet auteur par Sacha Guitry. Puis-je savoir d'où elle provient pour que je puisse en faire une copie.

    merci pour votre aide
    salutations
    Raphaël

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Cher M. Raphaël, je dois vous avouer que vous me mettez dans l'embarras. En effet cette caricature faisait partie d'une petite collection privée qui fut mise en vente il y a quelques mois à peine, sur e-bay me semble-t-il. Or donc, malheureusement, je n'en sais pas plus. Bien à vous, FP.

      Supprimer
    2. Cher M. Raphaël, vous me posez là une colle. En effet, j'ai repéré cette caricature dans une petite série du même acabit qui fut mise en vente il y a quelques mois, me semble-t-il, sur e-bay. Donc je n'en sais pas plus, sauf qu'elle devrait dater de 1929 et qu'à mon avis elle devait concerner un projet d'ensemble plus vaste, sur les auteurs de l'époque, qui n'a pas connu de suite. Bien à vous, FP

      Supprimer
  2. merci beaucoup pour votre réponse et pour votre blog
    raphaël

    RépondreSupprimer